Article dans "Les Echos" le 7 juillet 2017

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L'immobilier de luxe se réveille doucement

Même les pins parasols ne montent pas jusqu'au ciel. Le marché a subi une correction effaçant les excès passés.

Après cinq années difficiles, l'immobilier haut de gamme de bord de mer retrouve des couleurs. Depuis quelques mois, les agents immobiliers constatent davantage de coups de fils, de demandes, de visites et d'offres.

Jusqu'à récemment, ce marché était endormi avec peu de transactions. «  Affichant des prix hors marché depuis plusieurs années, les propriétaires n'étaient pas pressés de vendre et restaient campés sur leurs positions. Quant aux acheteurs, ils étaient rares dans un marché en repli », commente Gilles Tejedor de l'agence John Taylor de Saint-Jean-Cap-Ferrat. Aujourd'hui, le climat a changé.

Les milliardaires russes ont disparu

La période euphorique où l'on enregistrait des ventes à plus de 10 millions d'euros est bel et bien révolue. Les milliardaires Russes dispendieux ont disparu et ne sont pas revenus. Avec le temps, ils ont été progressivement remplacés par une clientèle française et étrangère souvent issue d'Europe du Nord. « Désormais réorganisé, tout le marché du haut-de-gamme s'est décalé vers le bas », résume Laurence Chaleil, directeur général de Côte d'Azur Sotheby's International Realty. Aujourd'hui, les candidats à l'achat privilégient des villas et des propriétés entre 250 et 350 m2, pas trop éloignées du centre-ville et dont les valeurs oscillent entre 2 et 6 millions d'euros.

Tranquillisés par les résultats de l'élection présidentielle, ces acquéreurs ne sont plus dans l'attentisme. Ils prospectent davantage. De leur côté, les propriétaires semblent avoir intégré le repli du marché. Actuellement, l'offre étant supérieure à la demande, les acquéreurs disposent de choix. Ils prennent le temps de visiter, de réfléchir et bien sûr de négocier faisant des offres parfois offensives. « Bien que les transactions restent encore sporadiques, le segment de marché des biens entre 10 et 20 millions d'euros commence à repartir », souligne Laurence Chaleil.

Des prix plus réalistes

«  A ce jour, les prix du haut-de-gamme ne sont pas remontés », indique Christophe Falbo d'Emile Garcin, en charge du secteur Marseille-Cassis. Une aubaine pour ceux qui prévoient de passer à l'acte. A Cannes, près du centre, un appartement de 2 chambres, 125 m2 avec vue sur la mer, 100 m2 de terrasse et un accès privé au littoral s'est récemment adjugé 1,5 million d'euros. A Saint-Jean-Cap-Ferrat, des propriétés sont proposées entre 3 et 10 millions d'euros. Entre Eze et Villefranche-sur-Mer, la cote des maisons évolue entre 1,5 et 6 millions d'euros selon la taille, l'état, le terrain ou la vue (ou pas) sur la mer.

Dans le Var et les Bouches-du-Rhône où se trouvent des spots réputés comme Saint-Tropez, Ramatuelle, La Croix-Valmer et Cassis, «  les demandes portent surtout sur des villas entre 3 et 6 millions d'euros », indique Thierry Chomel, directeur Provence Littoral chez Barnes International Real Estate. Reste que les écarts sont importants.

Sur la presqu'île de Giens et au Lavandou, les valeurs des maisons oscillent entre 1,5 et 3 millions d'euros. En revanche à Saint-Tropez, les maisons à quelques minutes à pied du village se négocient entre 3 et 10 millions d'euros. «  Nous avons assisté ces dernières années à un recul des valeurs de 10 à 30 %. Désormais, ces prix sont plus réalistes », commente Giorgio Imparato représentant local de Barnes.
A 3 minutes de la place des Lices, une maison rénovée de 260 m2, avec vue sur la mer, piscine et parking a trouvé preneur à 3,340 millions d'euros. Sur le port de Saint-Tropez, rien ne se vend à moins de 30.000 euros le mètre carré !

Laurence Boccara., Les Echos

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