La France, pays préféré des étrangers pour l'immobilier
Paris a mieux résisté à la crise que Londres et New York et le marché français est jugé plus sain. Pour la première fois depuis vingt ans, les prix de la capitale sont comparables à ceux de New York et inférieurs de 20 % à ceux de Londres pour les biens de qualité.La France constitue le pays préféré des étrangers désireux d'acquérir un bien immobilier hors de leur pays de résidence. Paris, qui a toujours fait partie avec Londres et New York de leurs villes favorites, prend maintenant la tête. Ayant mieux résisté à la crise, le marché français est jugé plus sain. « Un flux de clients d'Europe du Nord, de Belges, de Hollandais, et même d'Allemands se réoriente de l'Espagne vers la France », observe ainsi François Laforie, chez BNP Paribas International Buyers (BNPP IB), spécialiste du financement des non-résidents. Alors que l'an dernier 19 % des clients ayant acquis un bien en France déclaraient avoir auparavant envisagé un autre pays, en 2010 ils n'étaient plus que 12 %, selon un sondage de BNPP IB. « A Londres, la demande d'immobilier haut de gamme, préservée en 2009, a pâti cette année de la stabilisation du taux de change conjuguée à la remontée des prix, analyse Alexander Kraft, responsable pour la France et Monaco de Sotheby's International Realty. A Paris, ça a été l'inverse, avec une mini-crise en 2009 et une reprise cette année, alimentée par une préférence par rapport à Londres. »
Le constat est confirmé par une récente étude de Conti Mortgages Overseas, un des leaders britanniques du crédit immobilier à l'étranger. Malgré la force de l'euro, 43 % des demandes qui lui ont été adressées depuis le début de cette année ont concerné la France (contre 31 % en l'an dernier), loin devant l'Espagne (24 %), la Turquie (18 %), les Etats-Unis (5 %) ou l'Italie (1 %). Signe de ce phénomène, « pour la première fois depuis vingt ans, les prix de Paris sont maintenant comparables à ceux de New York et inférieurs de 20 % seulement à ceux de Londres pour les biens de qualité alors que Londres était traditionnellement 1 à 1,5 fois plus cher », observe Thibault de Saint Vincent chez Barnes.
Certes, les non-résidents ont peu d'impact sur le marché immobilier total : leur part, sur l'ensemble des transactions nationales, n'a guère dépassé les 5 % la meilleure année (2008) et 8 % sur Paris. Mais il s'agit d'une clientèle à fort pouvoir d'achat, donc susceptible de déformer la structure du marché en faisant grimper la part du moyen-haut de gamme (de 2 à 4 millions d'euros) et surtout du très haut de gamme (à partir de 4 millions d'euros).
Car « cette année, résidents et non-résidents suivent la même tendance en nombre de transactions, mais le montant de celles-ci a davantage monté chez les non-résidents », remarque François Laforie. Selon les notaires de Paris, sur les 32.377 transactions réalisées dans la capitale entre juillet 2009 et fin juin 2010, 0,5 % dépassaient les 3 millions d'euros, contre 0,15 % en 2005. Le haut de gamme a triplé en cinq ans et le mouvement s'accélère.
Reprise du haut de gamme
Après une année 2009 attentiste chez les non-résidents, puis une reprise du moyen de gamme en début d'année, « on observe depuis septembre une très nette reprise du haut de gamme », estime Daniel Masnaghetti chez John Taylor. L'engouement pour la France comporte toutefois quelques bémols. « Si Paris est presque revenu aux prix d'avant la crise, en province, les transactions se concluent à des prix inférieurs de 10 % à 25 % à ceux de 2008 », observe Alexander Kraft.
Par ailleurs, la vie en France est jugée chère. Et « les non-résidents sont choqués de devoir payer l'impôt sur la fortune sur leur immobilier situé en France », souligne François Laforie. Enfin, la réforme fiscale en cours inquiète les professionnels. Thibault de Saint Vincent avertit : « L'imposition des plus-values pour les résidences secondaires détenues depuis plus de 15 ans pourrait jouer sur les prix à l'avenir. »
Source Reference:
http://archives.lesechos.fr/archives/2010/LesEchos/20809-133-ECH.htm
