"Nous souhaitons développer 50 franchises en France"
Alexander V.G. Kraft, président de Sotheby's International Realty France - Monaco à Zurich (Suisse).
Vous engagez en France une phase d'expansion sur votre créneau de l'immobilier de luxe. Pourquoi?
Avec les 100 bureaux de la maison de vente aux enchères Sotheby's comme base, et nos 300 agences proposant de l'immobilier de luxe, nous sommes présents sur tous les continents. Depuis fin 2004, nous avons mis en place 15 entités en France en répondant à une forte demande. Déjà présents à Paris, sur la Côte d'Azur, dans le Var, à Biarritz, en Provence et en Auvergne, nous recherchons en outre des représentants en Bretagne, dans la Loire-Atlantique et en Normandie. Nous souhaitons installer jusqu'à 50 entités Sotheby's Realty grâce à un modèle de franchise. Il s'appuie sur une collaboration forte avec des professionnels établis qui ont déjà une réputation d'excellence et une expertise locale. Nos franchisés sont licenciés et associent notre nom au leur. En devenant membres de notre réseau international, ils jouissent d'une image de spécialistes de l'immobilier de luxe, d'un panel d'outils de marketing, de publicité et de relations-presse, et d'un accès exclusif à la base de clients et au savoir-faire Sotheby's Realty. En même temps, ils restent autonomes avec la seule contrainte de respecter les standards de professionnalisme liés à notre marque. Cette éthique fait que notre réseau s'articule presque comme un club.
Quel est le profil de votre clientèle qui achète en France?
Nous avons une forte demande issue de Paris, générée par la maison de vente aux enchères. Elle recherche un bien en résidence principale dans la capitale, ou en secondaire sur les marchés traditionnels des Parisiens comme la Normandie, Cap - Ferret, ou la Bretagne. Les secteurs du Sud -- Côte d'Azur et Provence -- concernent surtout des étrangers, en particulier les Anglais et les Américains de retour en France, mais aussi des Belges, Suisses, Allemands, Italiens et Russes.
Quels biens recherchent-ils?
Les Anglais disposent d'un budget entre un et trois millions d'euros. Ils veulent l'expérience française et le charme typique d'une ferme ou d'une maison de campagne. Les Américains demandent une belle adresse dans les secteurs les plus cotes comme Saint-Tropez ou les Vlème et VIIIème arrondissements parisiens. Leur budget varie de un a cinq millions d'euros, et peut être sans limite. Ils souhaitent un bien en bon état, sans en assurer la gestion. Nous développons donc un service clés en main qui couvre tous leurs besoins, même les plus atypiques, comme la mise à disposition d'un jardinier en Auvergne, par exemple.
Cette région, méconnue, séduit des Américains qui possèdent déjà une belle adresse en France. Elle permet de répondre au rêve universel de devenir propriétaire d'une demeure historique à des tarifs encore raisonnables à partir de 600 000 euros pour une maison de maître et un million d'euros pour un château. La clientèle russe, elle, est très sélective. Il s'agit d'hommes d'affaires internationaux déjà propriétaires à Londres, New York ou Dubaï. Eux aussi achètent une adresse, à Paris ou sur la Côte d'Azur et sont prêts à payer pour une qualité très élevée. En général, cette clientèle internationale recherche les marchés typiques. En revanche, les Européens -- Allemands, Suisses ou Belges -- achètent sur tout le territoire, orientés par la maison de vente aux enchères. Les Italiens, eux, recherchent le Sud de la France en raison de la proximité.
Où achète la clientèle française a l'international?
Propriétaire d'une résidence secondaire en France, elle recherche un pied-à-terre, avec une belle adresse et une facilité d'accès aux aéroports dans les centres internationaux. A Londres, sur les secteurs de Mayfair ou Knightsbridge. Il faut compter sur un budget de 500.000 euros pour un petit pied-à-terre jusqu'à deux ou trois millions d'euros. A New York, pour un prix au mètre carré d'environ 10.000 euros, nous avons une demande traditionnelle pour le résidentiel Upper East Side ou pour Soho plus branché. Meatpacking District est d'ailleurs à prospecter dans cet esprit. Cet ancien quartier de boucheries dans le Lower East Side devient très jeune et très à la mode. Cette ville comporte aussi beaucoup de nouveaux immeubles bâtis par des architectes de renom, où les appartements dépassent les 10 millions d'euros.
Votre marché se porte-t-il bien?
Oui et il connaît un développement naturel lié à notre expérience. Il n'est pas influencé par la conjoncture mondiale car notre clientèle traditionnelle n'est pas dépendante des aléas économiques. A titre d'exemple, l'année 2001 a été une année d'exception pour nous.
Source Reference:
www.lefigaro.fr
